Et si vos réactions n'étaient pas le problème ?
Pourquoi certaines réactions reviennent malgré tous vos efforts… et ce qu'elles essaient peut-être de protéger?
Il y a une question que j'entends très souvent.
Elle ne ressemble pas toujours à une question.
Parfois, elle prend la forme d'un soupir.
D'un regard qui se baisse.
D'un silence.
Ou d'une phrase prononcée presque à voix basse.
« Je ne comprends pas pourquoi je suis encore comme ça… »
Au début, les mots sont rarement ceux-là.
On me parle d'une dispute.
D'une décision impossible à prendre.
D'un conflit au travail.
D'une relation qui fait souffrir.
D'une fatigue qui ne passe plus.
D'un besoin de tout contrôler.
D'une culpabilité qui revient sans cesse.
Puis, à mesure que la personne raconte ce qu'elle traverse, une autre histoire apparaît.
Une histoire beaucoup plus intime.
Celle d'une femme qui a l'impression de toujours revenir au même endroit.
Comme si, malgré tout ce qu'elle avait déjà compris, lu, essayé ou travaillé sur elle-même…
Quelque chose continuait de se rejouer.
Et presque toujours, la conclusion tombe.
« Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi. »
Chaque fois que j'entends cette phrase, je ressens la même chose.
Pas parce que je pense avoir la réponse.
Mais parce que je crois que cette question nous emmène rarement au bon endroit.
Et si nous regardions vos réactions autrement ?
Nous avons appris à évaluer nos réactions.
Certaines seraient bonnes.
D'autres mauvaises.
Il faudrait être plus calme.
Moins sensible.
Moins anxieuse.
Moins dans le contrôle.
Moins dans la colère.
Moins dans les larmes.
Moins dans la peur. (blablabla…)
Comme si notre valeur dépendait de notre capacité à ne plus réagir.
Alors nous passons beaucoup de temps à lutter contre nous-mêmes.
Nous essayons de contrôler ce que nous ressentons.
De raisonner nos émotions.
De faire taire nos pensées.
Parfois même de nous convaincre que tout cela est "dans notre tête".
Et si, avant de chercher à faire disparaître une réaction, nous prenions le temps de comprendre pourquoi elle est là ?
Non pas pour la justifier.
Non pas pour la subir.
Mais pour arrêter de nous considérer comme le problème.
La question qui a changé ma manière d'accompagner
Pendant longtemps, moi aussi, je cherchais surtout à comprendre pourquoi une personne réagissait ainsi.
Aujourd'hui, je commence souvent autrement.
Je pose une question.
Une seule.
Qu'est-ce que cette réaction essaie de protéger ?
Cette question surprend.
Parce qu'elle change complètement la direction du regard.
Nous passons de :
« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? »
à :
« Et si cette réaction avait une raison d'exister ? »
Ce n'est plus la même posture.
Ce n'est plus le même point de départ.
Et, très souvent, ce n'est plus la même histoire qui se raconte.
✎ Je t'invite à faire une pause.
Avant de poursuivre, j'aimerais te proposer une expérience.
Pense à une réaction qui revient souvent chez toi.
Pas celle qui te semble la plus grave.
Simplement celle qui t'épuise.
Peut-être que tu contrôles beaucoup.
Peut-être que tu évites les conflits.
Peut-être que tu réfléchis pendant des heures avant de prendre une décision.
Peut-être que tu t'excuses souvent.
Peut-être que tu culpabilises dès que tu penses à toi.
Choisis une seule réaction.
Garde-la simplement en tête pendant la suite de cette lecture.
Tu n'as pas besoin de trouver une réponse maintenant.
Seulement d'observer.
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Une réaction n'apparaît presque jamais par hasard
Nous aimerions parfois croire que nos réactions surgissent "sans raison".
Pourtant, les connaissances actuelles en psychologie montrent qu'elles sont influencées par de nombreux facteurs : nos expériences de vie, nos apprentissages, nos relations, notre contexte actuel, notre niveau de stress, notre manière d'avoir appris à faire face aux difficultés…
Autrement dit, une réaction qui revient n'est pas nécessairement le signe que quelque chose "ne fonctionne pas" chez toi.
Elle peut être comprise comme une réponse que ton organisme a construite, au fil du temps, pour faire face à certaines situations.
Attention : cela ne signifie pas que toutes nos réactions viennent de l'enfance, ni qu'elles sont toujours adaptées aujourd'hui.
Les êtres humains sont plus complexes que cela.
Mais une chose me frappe souvent en séance.
Lorsque nous cessons de regarder une réaction comme un défaut, nous devenons enfin capables de nous demander ce qu'elle essaie d'accomplir.
Et cette question change profondément la qualité de notre regard sur nous-mêmes.
Le contrôle, la culpabilité ou la rumination ne racontent peut-être pas ce que tu crois
Le contrôle est souvent présenté comme un besoin de tout maîtriser.
La culpabilité comme un manque d'affirmation de soi.
La rumination comme une mauvaise habitude.
Et si c'était plus complexe ?
Et si ces réactions étaient parfois des tentatives de protection ?
Le contrôle peut donner l'illusion de retrouver un peu de stabilité lorsque l'incertitude devient difficile à supporter.
La rumination peut donner l'impression qu'en réfléchissant encore un peu, nous finirons par éviter une erreur ou comprendre ce qui nous échappe.
La culpabilité peut apparaître lorsque prendre sa place est inconsciemment associé au risque de décevoir ou d'abîmer le lien.
Je ne dis pas que c'est toujours le cas.
Je dis simplement que, derrière une réaction qui nous fait souffrir, il existe souvent une logique qu'il est précieux de découvrir avant de vouloir la supprimer.
✎ Une deuxième pause
Reviens à la réaction que tu as choisie tout à l'heure.
Puis demande-toi simplement :
Qu'essaie-t-elle d'éviter ?
Pas de corriger.
D'éviter.
Prends le temps de laisser venir ce qui émerge.
Sans chercher la bonne réponse.
Pourquoi comprendre ne suffit pas toujours
Il y a une phrase que j'entends presque autant que la précédente.
« Pourtant, je sais tout ça… »
Souvent, la personne me regarde presque avec honte.
Comme si le fait de comprendre devait suffire.
Elle me dit :
"Je sais que je ne devrais pas accepter ça."
"Je sais que cette relation me fait souffrir."
"Je sais que je pense trop."
"Je sais que je devrais poser des limites."
"Je sais d'où ça vient."
Puis elle ajoute, découragée :
« Alors pourquoi est-ce que je recommence ? »
Si tu t'es déjà posé cette question, j'aimerais te dire une chose importante.
Le problème n'est peut-être pas que tu n'as pas assez compris.
Comprendre est précieux.
Mais comprendre n'est pas la même chose que pouvoir agir autrement.
Imagine une personne qui a peur de l'eau.
Elle peut lire tous les livres sur la natation.
Comprendre comment fonctionne la flottabilité.
Connaître chaque mouvement.
Être capable d'expliquer parfaitement la théorie.
Pourtant…
Le jour où elle entre dans une piscine, son corps peut malgré tout se crisper.
Parce que son corps ne répond pas uniquement à ce qu'elle sait.
Il répond aussi à ce qu'il perçoit.
Nos réactions fonctionnent parfois un peu de cette manière.
Comprendre apporte du sens.
Mais cela ne suffit pas toujours à modifier ce qui s'active dans certaines situations.
Ce n'est pas parce que tu manques de volonté.
Beaucoup de femmes finissent par penser qu'elles ne font pas assez d'efforts.
Qu'elles ne sont pas assez disciplinées.
Pas assez fortes.
Pas assez courageuses.
Alors elles lisent un nouveau livre.
Écoutent un nouveau podcast.
Suivent une nouvelle formation.
Essayent une nouvelle méthode.
Et pendant quelques jours…
Elles ont l'impression que tout va changer.
Puis une dispute éclate.
Une remarque les blesse.
Une peur revient.
Un silence s'installe.
Et, presque sans s'en rendre compte, elles retrouvent leurs anciens réflexes.
Non parce qu'elles ont échoué.
Mais parce que, dans ces moments-là, leur priorité n'est pas de réussir un exercice de développement personnel.
Leur priorité est souvent de retrouver un sentiment de sécurité.
Même si la stratégie employée finit par les faire souffrir.
✎ Fais une nouvelle pause.
Repense à la réaction que tu as choisie au début de cet article.
Pose-toi cette question.
Que cherches-tu à retrouver lorsque cette réaction apparaît ?
De la certitude ?
De la proximité ?
Du calme ?
Le sentiment d'être aimée ?
D'être comprise ?
D'éviter un conflit ?
D'éviter de regretter ?
Il n'y a pas de bonne réponse.
Seulement la tienne.
Nous ne changeons pas durablement en nous faisant la guerre.
Pendant longtemps, j'ai cru que le changement passait d'abord par la compréhension.
Aujourd'hui, je pense qu'il passe aussi par autre chose.
Par la qualité du regard que nous portons sur nous-mêmes.
Lorsque nous nous répétons :
"Je suis nulle."
"Je suis trop."
"Je suis incapable."
"Je suis encore en train de recommencer."
Nous ajoutons souvent de la souffrance… à une souffrance déjà présente.
À l'inverse, lorsque nous sommes capables de dire :
« Cette réaction m'épuise… mais j'aimerais comprendre ce qu'elle essaie de faire pour moi. »
Quelque chose commence déjà à changer.
La curiosité prend doucement la place du jugement.
Et c'est souvent dans cet espace que le mouvement devient possible.
Je ne cherche pas à faire disparaître les réactions.
Cette phrase surprend parfois.
Parce que beaucoup de personnes viennent en séance avec un objectif très clair :
"Je veux arrêter de..."
Arrêter de contrôler.
Arrêter de ruminer.
Arrêter d'avoir peur.
Arrêter de culpabiliser.
Je comprends profondément cette demande.
Ces réactions peuvent être extrêmement envahissantes.
Mais si nous cherchons uniquement à les faire taire, sans comprendre ce qu'elles tentent d'assurer, nous risquons de passer à côté de quelque chose d'essentiel.
Dans mon travail, je ne cherche pas d'abord à supprimer une stratégie de protection.
Je cherche à aider la personne à construire suffisamment de sécurité intérieure pour que cette stratégie devienne, progressivement, moins indispensable.
La nuance est importante.
Parce qu'on ne retire pas brutalement une protection à quelqu'un.
On l'accompagne à découvrir qu'il existe, aujourd'hui, d'autres façons de prendre soin de lui-même.
✎ Une dernière question avant de poursuivre.
Si cette réaction n'était plus nécessaire…
Qu'est-ce que cela rendrait possible dans ta vie ?
Prends quelques instants.
Ne pense pas à ce que tu voudrais arrêter.
Pense à ce que tu pourrais enfin commencer.
Peut-être dire non.
Faire davantage confiance.
Exprimer un besoin.
Te reposer sans culpabiliser.
Prendre une décision sans chercher à être certaine à cent pour cent.
Ou simplement…
Respirer un peu plus librement.
C'est peut-être là que commence le véritable changement.
Le changement ne consiste pas toujours à devenir une autre personne.
Il consiste parfois à ne plus avoir besoin de se protéger de la même manière.
Petit à petit.
À ton rythme.
Sans violence envers toi-même.
Avec davantage de discernement.
Et surtout…
Avec cette idée que j'aimerais te laisser pour la suite de cette lecture :
Une stratégie de protection n'est pas ton identité.
Elle raconte peut-être une partie de ton histoire.
Elle dit quelque chose de ce que tu as traversé, de ce que tu as appris ou de ce que tu redoutes aujourd'hui.
Mais elle ne dit pas qui tu es.
Et c'est une différence fondamentale.
Et maintenant ?
Si tu es arrivée jusqu'ici, j'aimerais te proposer une dernière chose.
Ne cherche pas à répondre à cette question aujourd'hui.
Ne cherche pas non plus à analyser toute ton histoire.
Ni à trouver "la cause".
Commence simplement à observer.
La prochaine fois que cette réaction apparaîtra…
Avant de te juger.
Avant de vouloir la faire disparaître.
Avant de te dire :
"Je recommence encore…"
Essaie de ralentir quelques secondes.
Et demande-toi simplement :
Qu'est-ce que cette réaction essaie de protéger, ici et maintenant ?
Tu n'auras peut-être pas de réponse.
Ou seulement quelques mots.
Et c'est suffisant.
Parce que le véritable changement commence rarement par une réponse brillante.
Il commence souvent par une question que l'on accepte enfin d'habiter.
Une précision importante
Comprendre qu'une réaction a pu être une stratégie de protection ne signifie pas qu'il faut tout accepter.
Certaines réactions continuent aujourd'hui à nous faire souffrir.
Certaines relations sont profondément déséquilibrées.
Certaines situations nécessitent de poser des limites, de demander de l'aide ou d'être accompagnée.
L'objectif n'est pas de justifier ce qui fait mal.
L'objectif est de mieux comprendre ce qui se joue, pour retrouver progressivement davantage de liberté dans ses choix.
📖 Le Carnet d'exploration
Si cet article a fait écho à quelque chose en toi, je t'ai préparé un support pour aller un peu plus loin.
Il ne contient pas de recettes.
Pas de méthode miracle.
Seulement une série de questions que j'utilise souvent en accompagnement pour aider à observer une réaction avec davantage de curiosité que de jugement.
Tu peux le télécharger gratuitement ici.
Télécharger le Carnet d'exploration : "Qu'est-ce que cette réaction essaie de protéger ?"
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Certaines réponses sont difficiles à trouver seule.
Non parce que tu manques de lucidité.
Mais parce qu'il est difficile d'observer ses propres mécanismes lorsque l'on est au cœur de ce qui se rejoue.
En séance, je t'accompagne à explorer ces réactions sans les juger, à comprendre ce qu'elles essaient de protéger et à construire progressivement davantage de sécurité intérieure.
Je reçois les femmes à Pierrelatte (Drôme) et en visioconférence.